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Rencontre avec Gaëlle NGONO, Créatrice de la marque de bijoux artisanaux “MININGA”

Rencontre avec Gaëlle NGONO, Créatrice de la marque de bijoux artisanaux “MININGA”

« MININGA » est une marque de bijoux faits à la main, à partir de matières recyclées et d’épingles à nourrice, qui sera à l’honneur en novembre prochain lors d’une exposition à l’Institut Français de Yaoundé. La créatrice de cette marque est une jeune camerounaise, Gaëlle NGONO. Nous avons rencontré cette entrepreneure pleine de ressources ; afin d’en savoir davantage sur elle, ses sources d’inspiration et ses projets.

Gäelle NGONO

Alors dis-nous, qui est Gaëlle NGONO ?

Rédactrice à ses heures perdues, Gaelle Ngono est une jeune fille de 24 ans issue d’une famille assez nombreuse. Je suis diplômée de l’École Supérieure des Sciences et Technique de l’Information et de la Communication (ESSTIC), option « Communication des Organisations » et j’ai également une formation en lettres Bilingues à l’Université de Yaoundé I. J’ai été pendant quelques années rédactrice dans un e-magazine mais ayant depuis toujours développé un certain sens de la créativité, je me suis consacrée parallèlement à mes activités académiques et professionnelles et à la confection de bijoux artisanaux

et j’ai finalement créée la marque « Mininga ». Sa particularité étant de proposer des bijoux faits à partir de perles de verre recyclé et d’épingles à nourrice.

Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer dans la création de bijoux et pourquoi « MININGA » ?

J’ai commencé à créer mes propres bijoux pour m’amuser. C’était au collège il y a quelques années. Plus tard, j’en créais qui étaient plus élaborés, mieux travaillés. Une amie proche m’a suggéré d’en faire une marque, mais je n’avais pas encore véritablement conscience de ce que j’étais en mesure de faire. Puis, à chaque fois que je les portais, je recevais des compliments de la part de mon entourage, qui me demandait où les trouver.

« Mininga » a deux connotations majeures pour moi : Déjà Mininga signifie « Femme » ou « jeune fille » en langue eton (Cameroun). Nous annonçons d’ores et déjà, à travers cette sonorité africaine, la tendance de la marque. Mininga s’adresse principalement aux femmes africaines ; l’adjectif « africaines » perçu ici comme un état d’esprit.

Ensuite dans un contexte plus personnel, « Mininga » est un hommage à ma mère décédée il y a quelques années. Elle s’appelait Nga et moi je suis Mini Nga (rires). Une façon pour moi de l’impliquer totalement dans ce projet qui m’est cher. 

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Je m’inspire d’à peu près tout en réalité. On ne peut pas se lancer dans un domaine comme si rien n’était déjà fait ailleurs. Mais en plus, la nature est très inspirante. Les formes et les couleurs surtout.

Quelles sont les différentes matières que tu utilises pour fabriquer tes bijoux ?

J’utilise des épingles à nourrice, des perles de rocaille, des perles de verre recyclé. Mais je fabrique également mes propres perles avec du papier.

En utilisant du matériel recyclé, quel message veux-tu faire passer ?

La protection de l’environnement est une cause qui me tient particulièrement à cœur. Utiliser du matériel recyclé me permet juste d’inciter les autres à une action positive en faveur de l’environnement. En Afrique il me semble qu’on n’a pas vraiment conscience de l’ampleur de nos actes sur l’environnement et pourtant, les conditions de l’environnement jouent un rôle important dans l’état de santé des populations. Un environnement sain est un plus pour le développement : la qualité des ressources de l’environnement contribue au progrès économique des populations en augmentant leur capacité à subvenir à leurs besoins. Donc au lieu de tout attendre du gouvernement, il est possible avec quelques recherches, de faire quelque chose de bien avec très peu.

Bijou en papier journal recyclé

Il faut du courage pour se lancer dans l’entrepreneuriat avec notamment la question des finances…

J’ai décidé d’être auto-entrepreneur car je trouve ça plus sécurisant que le fait de gérer une réelle entreprise. Il y a des activités qui ne nécessitent pas beaucoup de finances pour être lancées et ça a été le cas avec « Mininga ». C’est petit à petit. Comme j’aime bien dire, il ne faut pas attendre.

                                                                                En pleine création

As-tu une autre activité actuellement, en dehors de la création de bijoux ?

Actuellement je fais un stage de fin de formation à la CRTV et je suis une formation en infographie.

Tu as déjà été invitée à présenter ton travail lors d’événements ? Si oui, lesquels ?

Oui oui ! L’événement grâce auquel je me suis rendue compte que je pouvais réaliser des belles choses était le premier : « Au pays des Missanga » à l’Institut Français de Yaoundé en 2015. Par la suite, j’ai pu suivre une formation dans le cadre du Forum des Métiers de la Mode et du Design sur la houlette de M. Imane AYISSI (qu’on ne présente d’ailleurs plus) et du pointilleux Yves EYA’A (qui nous a bien secoué d’ailleurs). Toutes deux, des expériences plus qu’enrichissantes.

Quelles sont tes perspectives, tes ambitions ?

Avoir des points de vente « Mininga » dans les villes de Yaoundé et Douala serait déjà un bon début ! Mais vu que j’ai déjà du mal à me projeter, je me laisse porter car j’adore les surprises ! Il s’agit juste d’être suffisamment acharnée.

Penses-tu pouvoir en vivre un jour ?

Il est clair que pour l’instant je n’y arrive pas, car je réinvestis en permanence dans les différentes matières. Évidemment ça prend du temps pour que tout se mette en place. Il faut être patient. Comme la patience est loin d’être mon fort (rires), j’essaye de joindre les deux bouts avec d’autres activités en parallèle.

Emploies-tu des personnes ou tu travailles seule ?

Je travaille seule pour le moment surtout parce que mes heures dites « d’inspiration » sont assez incongrues. Mais j’envisage de créer prochainement un atelier-boutique dans le but d’assurer la formation de jeunes filles souhaitant se lancer dans la confection des bijoux.

Des projets à l’horizon ?

En plus de l’atelier-boutique, je souhaiterais créer une ligne de bijoux fantaisistes pour enfants et élargir ma gamme d’accessoires en créant des sacs essentiellement en matériaux recyclés. En attendant, la présentation de ma dernière collection « Igolide » (or en Swahili) se tiendra à l’Institut Français de Yaoundé le 09 novembre 2017.

RDV Présentation Collection “Igolide”, le 09 novembre 2017 à l’IFC de Yaoundé

Facebook: MiningaGaëlle NGONO

Instagram: Galy_lou

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1 Comment

  1. belle découverte! j’ai hâte de m’en procurer! belle initiative, beaucoup de courage!

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